#50103

ichiro
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Bien que sa senteur soit tenace, et même entêtante, le nard, à l’instar du santal (mais plus encore que lui), est un extraordinaire liant qui se marie à tous les parfums auxquels il s’associe. Il s’accorde à tous les bois, les résines, les fleurs, les épices, les plantes, les animaux, allant jusqu’à apprivoiser les senteurs les plus sauvages ou les plus difficilement mariables. La condition à observer est toutefois de simplement associer une seule goutte de parfum à sa fragrance, car c’est en général à ce dosage que la transformation optimale, dans la plupart des cas, se produit. Le nard constitue véritablement une panacée olfactive, délivrant la même profondeur ambrée, la même patine orientale aux parfums qu’il épouse, comme un générique pouvant décliner, autour de cette base, autant de fragrances qu’il y a d’associations. Cet exemple d’unité constante rayonnant dans une diversité générée à partir d’elle me semble unique.
A vue de nez, ce qu’on appelle usuellement le « musc » dans les parfumeries orientales (auxquelles j’ai fait référence) me semble être, dans la plupart des cas, une composition associant au nard (note principale) le santal, certainement aussi le patchouli, sans doute également le benjoin, peut-être enfin l’hélichryse et la cire d’abeille, lui donnant cette patine assez nettement miellée qui lui est si caractéristique. Ce qu’on appelle en revanche (dans la majorité des cas) « ambre » me semble être tout simplement le nard (largement dominant), associé (selon des proportions diverses mais minoritaires) à l’ambre gris, au santal, au ciste, peut-être aussi à des épices comme le poivre noir, la noix de muscade ou le clou de girofle.