#50052

ichiro
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Genévrier
huile essentielle)
Comme le cyprès, la note de tête n’est pas spécialement agréable en tête: l’odeur, boisée, épicée, assez camphrée, un peu encaustique (pouvant faire songer à la cire d’appartement), est cependant plus douce, plus suave que celle du cyprès. Le parfum du genévrier possède surtout une note de cœur typique, rappelant le myrte et le gin (dans la composition duquel il entre), ronde, comme rosée, pouvant évoquer la pomme cuite, avec une goutte de rhum, et plus indirectement encore, la cannelle (sans le sucre) et le clou de girofle. Chaude, située entre le bois et l’épice, douce tout en étant à la limite de l’amer, cette senteur typée insinue, en parfumant la peau, comme une odeur de chais, de cave, de fût de chêne, de bouchon de vin, suggérant la macération et la fermentation de jus (ce qui rappelle curieusement l’anecdote selon laquelle les Romains l’incorporaient traditionnellement dans un vin diurétique). La note de fond, épicée et balsamique, est légèrement résineuse et boisée.
On songe spontanément le marier aux notes moisies du patchouli, et on fait bien : le mariage est exemplaire, l’osmose entre les deux senteurs apparaissant tout de suite évidente. Loin d’être envahissant, le patchouli épouse humblement le genévrier, se contentant d’arrondir et d’embellir de la plus belle manière sa note de pomme fermentée, lissant ses notes un peu amères. Le produit constitue un arôme de vin très équilibré, chaud et suave, presque floral, d’une remarquable finesse.
Pour les mêmes raisons, on pense l’associer à la mousse de chêne. Ici aussi, la symbiose est patente : la mousse aromatise le bois, arrondissant ses notes un peu amères, dans un registre toutefois moins vénusien, un peu plus vert.
Conjugué à la mousse de chêne et au patchouli, le genévrier représente donc un magnifique point d’appui pour la constitution de compositions chyprées.
Il épouse très bien aussi le castoréum, dont il atténue le fumé tout en arrondissant sa note. A terme, le bois prend sensiblement le dessus, prenant un parfum cuiré et floral très élégant, d’une grande suavité.
Associé au ciste, il rend ce dernier plus rond, moins âcre et plus fruité.
Il se coule enfin magnifiquement dans la rose, atténuant ses notes les plus acides, pour fournir un bois floral remarquablement fin et équilibré, comportant d’élégantes touches musquées, d’un raffinement exemplaire. Aussi curieux que cela puisse paraître à première vue, le genévrier ennoblit considérablement la rose, lui apportant une sobriété lui conférant une grande dignité. Merveille de l’équilibre. Sa plus belle réussite.