#50015

ichiro
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Musc (dilution normale)
C’est une odeur de corps, une « fleur de peau », très douce, très intime, très liée au corps. C’est une odeur très humaine, pas du tout animale. Ce n’est pas une odeur « extérieure », qui vient d’ailleurs, mais au contraire, endogène, venant « du dedans », « de l’intérieur du corps ». Plus encore : c’est une odeur qui vient de soi, non à soi, non de l’extérieur de soi. C’est à la fois doux et hormonal :on pense au corps de l’être qui nous accompagne dans la vie, que l’on sent durant la nuit. C’est pourquoi l’odeur paraît familière, alors qu’on la découvre pour la première fois. C’est aussi une odeur qui ne sort pas de soi : lorsqu’elle s’exhale, elle ne s’évade pas, elle ne sort pas d’elle-même, elle revient comme à l’intérieur du corps, qu’elle n’a en fait jamais quitté mais dont elle a donné comme une signature olfactive. Le musk reste toujours « incorporé ». C’est pourquoi il fixe les parfums, par nature volatiles. Il fixe le volatil : Coagula Solve. Il incorpore le subtil. D’où sa valeur.

Musc (dilution concentrée)
Au départ, on sent une odeur animale. Mais très vite, on comprend que ce n’est pas seulement une odeur de « bête ». C’est autre chose. Une odeur qui pourrait aussi être humaine, mais appartenant de toute évidence à une autre humanité. On pense à l’homme à l’état sauvage, à l’ « homme primordial », au premier homme, Adam. D’ailleurs, très rapidement, l’odeur « animale » s’estompe ; et, au lieu de se volatiliser dans l’air (comme tous les parfums), c’est comme si l’odeur se résorbait lentement à l’intérieur du derme, retournait à l’intérieur du corps, de telle sorte que, au bout d’un certain temps, elle reprend la nature douce et intime de l’odeur de corps, telle que nous l’avons décrite avec la première senteur.
On se rend compte alors (mais comme après coup) que cette odeur brute, primitive, vient de nous, de notre essence même, mais que nous ne pouvions d’emblée la juger que comme autre que nous, étrange, étrangère, celle-ci renvoyant olfactivement à une dimension de notre humanité que nous avons proprement oubliée. En ce sens, le musk est un rappel, une réminiscence pour l’homme qui se croit civilisé mais qui a perdu de vue sa nature propre.
En réalité, le musk est l’odeur naturelle par excellence : c’est la signature olfactive de la Nature primordiale pure, commune à tous les êtres créés. L’odeur de musk est donc hautement naturelle ; mais, si nous ne la percevons pas comme telle, c’est parce que nous avons oublié le fond originel (et universel) de notre identité. C’est donc tout un travail de rééducation olfactive qui est à entreprendre pour quiconque désire sentir l’odeur de ce qu’il est depuis toujours

Ciste (suite)
Après quelques jours de compagnonnage, je me rends compte que le ciste me correspond parfaitement. Après des premières notes puissamment résineuses, c’est un parfum qui s’approfondit noblement sur la peau, « s’intériorisant » de plus en plus, au point de rappeler un peu l’encens, mais sans être lourd ni austère. C’est un parfum à la fois sapiential et naturel, un vrai bonheur.